BIOGENTS AG : Interview d’Hugo PLAN – « Moustique-tigre : la France face à un risque sanitaire grandissant, la science comme rempart »

BIOGENTS AG : Interview d’Hugo PLAN – « Moustique-tigre : la France face à un risque sanitaire grandissant, la science comme rempart »

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Alors que le moustique-tigre poursuit en 2026 sa conquête du territoire français, la question de la lutte durable contre les moustiques s’impose comme un enjeu de santé publique. Rencontre avec Hugo Plan, co-dirigeant de Biogents AG, entreprise allemande pionnière dans le développement de pièges à moustiques sans insecticide.

Une entreprise née d’une conviction scientifique

Fondée il y a plus de vingt ans par deux chercheurs allemands, les docteurs Martin Geier et Andreas Rose, Biogents AG s’est construite autour d’une intuition qui, à l’époque, faisait figure d’exception : il fallait imaginer des alternatives aux insecticides pour lutter durablement contre les moustiques.

Hugo Plan, aujourd’hui co-dirigeant de la société aux côtés des deux fondateurs, résume l’ambition de l’entreprise en un mot : « ensemble ». Une lutte collective, pensée aussi bien pour les particuliers soucieux de protéger leur jardin que pour les professionnels du tourisme, les collectivités locales ou encore la communauté scientifique internationale.

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Le moustique-tigre, un problème de santé publique qui s’accélère

Le constat dressé par Hugo Plan est sans appel : le moustique-tigre a désormais colonisé la quasi-totalité du territoire métropolitain, avec plus de 80 départements officiellement touchés. Ce moustique, actif en journée, se distingue par sa capacité à transmettre des arboviroses redoutées – dengue, chikungunya, zika ou fièvre jaune.

L’année 2025 a marqué un tournant préoccupant, avec plus de 700 cas autochtones de chikungunya recensés en France, c’est-à-dire des personnes contaminées sans avoir voyagé dans une zone à risque. Un rapport de l’ANSES publié en juillet 2024 vient renforcer cette inquiétude : il évalue à 6 ou 7 sur une échelle de 9 la probabilité de voir survenir une épidémie d’arbovirose dans les cinq prochaines années. Pour Hugo Plan, l’enjeu n’est pas d’alimenter la peur, mais de sensibiliser à un risque désormais tangible.

Une propagation portée par l’homme, pas par l’insecte

Fait moins connu : le moustique-tigre ne se déplace, par ses propres moyens, que dans un rayon d’environ 150 mètres autour de son lieu de naissance. Sa diffusion fulgurante à travers la France – depuis son identification en 2002, probablement arrivé par voie maritime depuis l’Asie – s’explique donc essentiellement par les déplacements humains, via les voitures et les trains. Sa capacité à se reproduire dans des volumes d’eau stagnante minimes lui permet ensuite de s’implanter très rapidement dans de nouveaux territoires.

Autre élément mis en lumière par le rapport de l’ANSES : le paradoxe de la végétalisation urbaine. Pensée pour lutter contre les îlots de chaleur, elle crée en réalité des microclimats humides et ombragés particulièrement propices au repos et à la reproduction du moustique-tigre – une problématique que les politiques urbaines devront apprendre à anticiper.

Une réponse technologique fondée sur la biologie du moustique

Face à ce constat, Biogents a développé des solutions de piégeage entièrement dépourvues d’insecticides et de produits chimiques. Leur principe repose sur une connaissance fine du comportement des moustiques : deux facteurs attirent principalement la femelle moustique vers sa proie, l’odeur corporelle – mélange d’acides et de bactéries présents à la surface de la peau – et le dioxyde de carbone rejeté lors de la respiration.

En reproduisant artificiellement ces deux signaux, les pièges Biogents leurrent l’insecte, qui s’approche, est aspiré puis desséché à l’intérieur d’une cage de capture, à renouveler une à deux fois par saison selon le niveau d’infestation. Point notable pour la biodiversité locale : ces pièges sont sélectifs et ne capturent pas les pollinisateurs comme les abeilles ou les papillons, tout en affichant une consommation électrique très faible, de l’ordre de quelques watts.

L’entreprise propose ainsi des solutions ciblant les deux espèces principales présentes en France : le moustique-tigre, actif de jour, et le moustique commun, plutôt actif au crépuscule et la nuit. L’ajout de CO2 comme attractif permettrait, selon Hugo Plan, de multiplier par cinq le taux de capture et d’élargir l’efficacité du piège à l’ensemble des espèces.

L’efficacité validée par la recherche indépendante

Biogents met en avant près de 400 publications scientifiques indépendantes à travers le monde venant valider l’efficacité de ses dispositifs, avec une réduction des nuisances évaluée à 87 % selon ces travaux. Des tests de terrain menés l’an dernier par un organisme tiers indépendant confirmeraient par ailleurs des taux de capture au moins trois fois supérieurs à ceux des autres solutions disponibles sur le marché.

Pour faciliter l’accès au CO2, souvent identifié comme un frein technique, l’entreprise a rendu ses pièges compatibles avec les bouteilles domestiques de gazéification de type Sodastream (400 à 425 grammes), déjà présentes dans plus de 10 000 foyers en France, mais aussi avec des bouteilles allant jusqu’à 10 kilogrammes – une flexibilité que Biogents revendique comme unique sur le marché.

MyBiogents, une application pensée comme un compagnon au quotidien

Pour accompagner ses utilisateurs, l’entreprise a développé l’application MyBiogents, qui permet de programmer les créneaux de diffusion du CO2, de recevoir des notifications pour le remplacement de l’attractif ou de la bouteille, et d’accéder à des tutoriels. Un outil pédagogique que Hugo Plan juge essentiel dans un marché où circulent, selon lui, de nombreuses informations approximatives sur les pièges à moustiques.

Du jardin particulier aux grands groupes hôteliers

Si les produits Biogents sont distribués dans les jardineries, les grandes surfaces de bricolage, les libres-services agricoles et en ligne, l’entreprise s’adresse également à une clientèle professionnelle – hôtels, campings, restaurants, collectivités – via un réseau de partenaires certifiés, formés à l’installation et à la maintenance des dispositifs.

Biogents a ainsi noué un partenariat avec le groupe Accor pour protéger sa clientèle et ses équipes, et déploie actuellement ses solutions professionnelles au sein d’établissements Club Med, à Antibes puis en Guadeloupe. Une manière de répondre à une préoccupation croissante des acteurs du tourisme, dont les terrasses et les piscines pourraient devenir, à terme, des zones à risque pour les visiteurs.

Le prix et la pédagogie, principaux freins à lever

Pour Hugo Plan, le principal obstacle à l’adoption des pièges à moustiques reste la méconnaissance du dispositif. Les consommateurs ont pris l’habitude d’acheter, tout au long de la saison, divers produits ponctuels dont la facture cumulée peut s’avérer conséquente, plutôt que d’investir dès le printemps dans un équipement plus coûteux à l’achat mais plus rentable sur la durée.

L’autre défi est pédagogique : le bon usage d’un piège suppose de lutter en parallèle contre les eaux stagnantes et de respecter un positionnement précis – une zone ombragée et humide, à proximité de végétaux, à au moins cinq mètres de la terrasse, et jamais à proximité immédiate des lieux de vie, au risque d’attirer les moustiques plutôt que de les éloigner.

Conclusion : une lutte qui se veut collective

Numéro un du marché français, Biogents est également présente en Allemagne, en Italie, en Espagne, dans les pays nordiques, en Asie et aux États-Unis, auprès d’une clientèle mêlant particuliers et communauté scientifique. Une présence internationale que Hugo Plan attribue avant tout à l’ancrage scientifique de l’entreprise : avant d’être un fabricant, Biogents se revendique comme un laboratoire de recherche sur le comportement et la biologie du moustique, fort de plus de vingt années de travaux reconnus par ses pairs.

Face à la progression continue du moustique-tigre et à la menace grandissante des arboviroses, le message porté par l’entreprise est clair : la lutte contre les moustiques ne pourra être efficace que si elle devient une démarche collective, associant recherche scientifique, innovation technologique et mobilisation de chaque foyer.

Source : Biogents AG

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Alexis Aziza

Fondateur et rédacteur en chef de Secteur-Vert.com, le média de référence du jardin et des espaces verts.

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