
« D’après un rapport Global Market Insights*, le marché mondial des outils de jardinage, évalué à 93,2 milliards de dollars en 2024, devrait passer de 98 milliards de dollars en 2025 à 161 milliards de dollars en 2034, avec un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 5,7 %. Ainsi, porté par une conscience écologique et la nécessité d’espaces verts au cœur des villes, le marché des outils de jardin sur batterie est dans l’air du temps.
Un effet post-COVID
Si la maison avec jardin, est depuis longtemps le rêve de nombreux foyers, la tendance s’est accrue après les périodes de confinement qui ont donné des envies d’espace à de nombreux citadins.
D’après le site SeLoger.com, les maisons concentreraient 66% des recherches des acheteurs, contre 50% avant la crise.
L’effet est sans doute accentué en raison du télétravail qui s’est imposé dans de nombreuses sociétés pendant la pandémie et qui perdure aujourd’hui, permettant aux salariés d’envisager de vivre en dehors des grandes villes.
Le temps gagné sur les trajets domicile-travail peut être mis à profit pour s’adonner à de nouveaux loisirs, parmi lesquels, le jardinage, qui a la cote.
Selon une Enquête nationale de 2023, le pourcentage de ménages américains s’étant adonnés au jardinage en 2022 était de 80%, le plus élevé en cinq ans. Une tendance qui s’accompagne d’une demande forte pour des outils manuels et motorisés pour l’entretien des espaces verts.
Le bien-être étant au cœur de la démarche, les outils sur batterie sont de plus en plus privilégiés, moins bruyants, moins lourds, plus écologiques.
Des outils sur batterie qui séduisent
En 2024, le Syndicat des entreprises internationales de l’outillage portatif et des consommables (SECIMPAC**) prévoyait une belle croissance de 8% en valeur des outils portatifs pour le jardin et la forêt.
D’après les chiffres pour ce secteur, les distributeurs spécialisés représenteraient 67% des ventes sell-in, et Internet 6%. D’autre part, les outils sur batterie auraient atteint 49% de ces ventes en 2024 contre 37% en 2022, dépassant la part des outils à moteurs thermiques représentant seulement 42% des ventes en 2024.
Alors que les outils thermiques ont longtemps dominé le marché, la tendance s’inverse. En effet, les constructeurs d’outils électriques ont fait preuve d’innovation en matière de batteries, afin de les rendre plus efficaces, moins lourdes, plus durables, parfois plus rapidement rechargées.
Ils proposent des chargeurs portatifs permettant des usages intensifs, afin de séduire les professionnels, maintenant que les outils électriques sont aussi puissants voire plus que les outils thermiques.
Les foyers sont également séduits par les robots tondeuses, bien pratiques, programmables avec un smartphone, pour une tonte régulière, même en l’absence des propriétaires.
Un marché dynamique
D’après le rapport Global Market Insights*, le marché mondial des outils de jardin alimentés par batterie était évalué à 18,8 milliards de dollars en 2024 et devrait atteindre 19,57 milliards de dollars en 2025, puis 26,99 milliards de dollars en 2033, avec un TCAC de 4,1%.
Aux Etats-Unis, le marché prend de l’ampleur en raison des réglementations plus strictes en matière de bruit et d’émissions. Il existe des programmes d’aide du gouvernement, des subventions pour l’achat de tondeuse électrique.
Les particuliers représentent 66% du total des ventes, notamment en banlieue, et 58% des nouveaux outils de jardinage résidentiels vendus sont alimentés par batterie. Plus de 71% des sociétés d’aménagement paysager préfèrent désormais les modèles électriques.
En France, plusieurs communes ont déjà choisi de s’équiper d’outils à batterie pour l’entretien de leurs espaces verts, afin de réduire les nuisances sonores. La commune de Mougins va plus loin : elle accorde des subventions aux administrés qui s’équipent d’outils sur batterie afin de les inciter à choisir des outils qui préservent la tranquillité du voisinage.
L’enjeu climatique impose des îlots de fraicheur, de la verdure au cœur des villes
Le réchauffement climatique et les catastrophes qui en découlent amènent à repenser l’urbanisme. L’ère du bitume, pratique, lisse, mais qui reflète la chaleur et empêche les sols d’absorber l’eau de pluie, est révolue. Place à la végétation et aux sols naturels.
La Fabrique de la Cité, le think tank des transitions urbaines, veut que les établissements scolaires en prennent conscience, en s’inspirant des retours d'expériences menées à Dunkerque (Nord), Libourne (Gironde), Colomiers (Haute-Garonne), Guéret (Creuse) et Avignon (Vaucluse). Elle a publié une note de mi-janvier 2025 pour que les cours d’école, longtemps asphaltées et imperméabilisées deviennent peu à peu des espaces verts.
Les fortes chaleurs constatées certains étés amènent les villes à vouloir développer des îlots de fraicheur, des espaces verts permettant de capter le CO2 et de faire baisser la température de quelques degrés.
Plus il y aura d’espaces verts, et plus il y aura besoin d’outils pour les entretenir. Dans une démarche écologique, le bon sens voudrait que les mairies choisissent des outils à batterie, moins polluants, moins bruyants, plus légers pour le confort des opérateurs.
Le mouvement est enclenché. De nombreux stades ont choisi des robots électriques pour leurs pelouses. Maintenant, il faut généraliser l’adoption à l’ensemble des outils d’entretien des espaces verts, par les communes, les professionnels et les particuliers. »
Christophe WOJTYCZKA, Directeur du développement chez KRESS France
