GREENITALY 2026 : Paris, ville-laboratoire… Quand le végétal devient une affaire d’État et d’amitié franco-italienne avec Laura Granara, Giuseppina Di Bella et Thomas Perez Victoria

GREENITALY 2026 : Paris, ville-laboratoire… Quand le végétal devient une affaire d’État et d’amitié franco-italienne avec Laura Granara, Giuseppina Di Bella et Thomas Perez Victoria

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À Jardins Jardin, Greenitaly a réuni responsables italiens et parisiens autour d’une idée simple et exigeante : régénérer la ville, c’est la végétaliser massivement, mais surtout intelligemment. Avec les interventions successives de Laura Granara – Directrice Adjointe de l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE), Thomas Perez Victoria – Adjoint au responsable de l’Agence d’Écologie Urbaine de la Ville de Paris et Giuseppina Di Bella – Trade Marketing Analyst à l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE).

Il y a, dans l’air de Paris, quelque chose qui ressemble à une urgence. Alors que l’Europe suffoquait sous les épisodes de chaleur, le Bois de Boulogne a accueilli, sous la Tente Wallace à Jardins Jardin 2026, une rencontre franco-italienne consacrée à l’avenir du végétal urbain. À l’invitation de Greenitaly, le Salon international de l’horticulture, des pépinières et du paysage organisé par Fiere di Parma, institutionnels, experts et acteurs de la filière ont échangé sur une question qui engage l’avenir des villes : comment les rendre plus fraîches, plus vivables et plus riches en biodiversité ?

Une alliance culturelle et économique

Deux pays, une même tradition du paysage

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L’allocution d’ouverture a été portée par Laura Granara, la directrice adjointe de l’ICE à Paris, l’Agence italienne pour la promotion à l’étranger et l’internationalisation des entreprises. Elle a d’abord remercié les organisateurs de Jardins Jardin pour une initiative qui met à l’honneur « l’art du jardin, le paysage et les nouvelles approches du développement durable ».

Elle a rappelé que l’Italie et la France partagent une longue tradition d’attention au patrimoine végétal, au design du paysage et à la qualité de vie. Cette proximité culturelle se prolonge dans des échanges économiques particulièrement dynamiques : la France est à la fois l’un des principaux partenaires de l’Italie et l’un des premiers marchés de destination de ses exportations de floriculture et de pépinières.

L’Europe comme horizon

Dans un contexte marqué par les enjeux environnementaux et les transitions écologiques, de tels événements sont, selon l’ICE, essentiels pour rapprocher entreprises, institutions et professionnels, et encourager de nouvelles collaborations autour de l’innovation, de la durabilité et du savoir-faire européen. Elle a insisté sur ce dernier adjectif : l’Italie et la France, réunies, et l’Europe avec elles, « peuvent faire beaucoup de choses ».

Paris face à la chaleur : une végétalisation d’abord quantitative

Une nécessité « impérative et urgente »

Habitué de Jardins Jardin et de la promotion de Greenitaly, Thomas Perez Victoria, responsable de l’écologie urbaine de la Ville de Paris, est allé droit au but. Nul besoin, a-t-il dit, de longues démonstrations scientifiques : ce qui se passe aujourd’hui sur une bonne partie de l’Europe suffit. Végétaliser la ville, c’est la rafraîchir grâce à l’évapotranspiration des plantes, et adapter au changement climatique des villes comme Paris, qui restent extrêmement minérales.

Débitumer, désimperméabiliser, planter en pleine terre

Le premier impératif est quantitatif : il faut des surfaces massivement débitumées, désimperméabilisées et plantées en pleine terre. Plusieurs dizaines de rues parisiennes, bientôt des centaines, ont déjà été végétalisées. À l’horizon de vingt ans, 300 hectares supplémentaires d’espaces verts doivent ouvrir au public.

Ouvrir les jardins, y compris la nuit

Certains espaces verts de la capitale, jardins de ministères ou d’institutions, restent inaccessibles. L’enjeu est de les ouvrir, y compris la nuit lors des fortes chaleurs, pour permettre le rafraîchissement des habitants, en particulier des plus fragiles. Les quartiers populaires, a-t-il rappelé, sont aussi ceux où les carences en espaces verts sont les plus marquées.

Régénérer, c’est aussi végétaliser mieux

La nature, bienfait pour la santé mentale

Le débat, a reconnu Thomas Perez Victoria, se joue davantage sur la qualité. De nombreuses études établissent que la nature en ville est fondamentale pour l’équilibre psychologique des citoyens. Le confinement l’a montré : ceux qui disposaient d’un micro-espace de verdure, voire d’un simple arbre au bout de la rue, en ont mesuré les bienfaits. Voir un arbre, a-t-il résumé, fait « déconnecter » le cerveau l’espace de quelques microsecondes, et cela fait du bien. Les balades en nature sont d’ailleurs désormais préconisées dans certaines thérapies.

Sauver la biodiversité, sous peine de perdre la bataille

Mais cette nature doit être vivante. Sans chant d’oiseaux ni abeille butinant une fleur, la bataille de la biodiversité urbaine serait perdue. Or elle est particulièrement riche à Paris, qui compte plus de 3 400 espèces. D’où le recours aux solutions fondées sur la nature, et à des plantes qui ont co-évolué avec les espèces présentes sur le territoire, favorables aux insectes comme aux oiseaux.

Une « révolution culturelle » pour la filière

Planter utile pour la biodiversité représente, selon lui, une véritable révolution culturelle pour les paysagistes, les pépiniéristes et les jardiniers. Il a reconnu le paradoxe d’un tel propos devant des pépiniéristes italiens célébrant le partenariat franco-italien : même si certaines espèces sont communes aux deux pays, il faut s’efforcer d’introduire et de maintenir des espèces régionales dans les massifs et plantations des villes.

Le plan biodiversité de Paris : des objectifs chiffrés

50 % de plantes régionales

Le plan de biodiversité de la Ville de Paris, stratégie qui s’impose aux services de la direction des Espaces verts et de l’Environnement, à ses achats et à ses centres de production horticole, préconise au moins 50 % de plantes régionales dans les nouvelles plantations. Il invite aussi à planter différemment, en laissant pousser des plantes sauvages.

Les haies champêtres, « couteau suisse de la biodiversité »

Le plan prévoit de planter des kilomètres de haies champêtres, à la fois corridors de déplacement pour les espèces, sources d’alimentation et lieux de refuge. Près de 10 kilomètres sont déjà envisagés sur les terrains sportifs, zones végétalisées mais très pauvres sur le plan écologique. Ces haies seront composées à 100 % d’espèces régionales, plus résistantes au changement climatique.

La Seine, nouvelle trame bleue

La trame bleue est le prochain chantier : la végétalisation de la Seine elle-même, avec des radeaux et des gabions végétalisés. Pour les Jeux Olympiques de Paris, le fleuve a été rendu baignable, sous réserve, en été. En une trentaine d’années, il est passé de 4 à près de 36 espèces de poissons, grâce à 1,7 milliard d’euros d’investissements publics pour résorber les réseaux d’assainissement.

Échanger pour mieux planter

Thomas Perez Victoria a salué l’intérêt de ces rencontres : elles permettent de comparer les pratiques d’autres pays et d’échanger avec chercheurs, gestionnaires de parcs et jardins, et entreprises proposant des solutions fondées sur la nature, c’est-à-dire, a-t-il souligné, les plus pérennes et les plus économiques. Il a plaisanté sur son aptitude à parler « hyper longtemps » du sujet, avant de laisser la parole.

Giuseppina Di Bella, également de l’ICE, a ensuite pris la suite avec chaleur, saluant des participants qu’elle connaît bien. Greenitaly, a-t-elle confié, est « notre bébé », un projet qui lui tient particulièrement à cœur depuis que le bureau développe ce secteur d’activité. Connaissant Paris depuis 1994, elle a salué les changements visibles de la capitale : « On aime ou on n’aime pas, mais moi je trouve que c’est encore plus beau. »

Un même cap pour le végétal européen

De cette matinée se dégage une conviction commune : la régénération des villes passe par un verdissement à la fois massif et qualitatif. Paris donne l’exemple d’une politique chiffrée et ambitieuse, tandis que l’Italie apporte l’excellence de sa filière horticole et son savoir-faire. Entre les deux pays, les échanges commerciaux comme les échanges d’idées dessinent une coopération prometteuse, à l’échelle de l’Europe, au service du paysage, de la santé et de la biodiversité urbaine.

À propos de Greenitaly

Greenitaly est le Salon international de l’horticulture, des pépinières et du paysage, organisé par Fiere di Parma. Il rassemble entreprises, institutions et professionnels autour de l’innovation, de la durabilité et de la qualité paysagère, et s’impose comme le point de ralliement de la filière à travers expositions, formations et plateformes de débat comme les Green Agorà.

Source : Fiere di Parma

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Alexis Aziza

Fondateur et rédacteur en chef de Secteur-Vert.com, le média de référence du jardin et des espaces verts.

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