HAIX® GROUP : Au cœur de l’usine HAIX® CROATIA à Mala Subotica, entre carrousels DESMA, énergie verte et culture d’entreprise à l’allemande [2ème Partie]

HAIX® GROUP : Au cœur de l’usine HAIX® CROATIA à Mala Subotica, entre carrousels DESMA, énergie verte et culture d’entreprise à l’allemande [2ème Partie]

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AS-Motor / Ariens

Deuxième volet du reportage consacré au site de production HAIX® CROATIA de Mala Subotica : Comment HAIX® conjugue performance industrielle, transition énergétique et attachement à l’humain ?

Après avoir retracé l’histoire du groupe et ses ambitions sur le marché français, Fabrice Acconci, responsable France chez HAIX®, a ouvert aux journalistes les portes de l’atelier de fabrication à proprement parler de HAIX® CROATIA. De la naissance du site croate en 1999 jusqu’à ses machines les plus sophistiquées, en passant par sa politique environnementale et ses initiatives sociales, ce second volet du reportage dévoile l’envers du décor d’une usine qui emploie aujourd’hui 1 300 personnes – et la philosophie qui, selon ses dirigeants, en fait la spécificité.

De la location de locaux à la filiale à part entière

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John Deere

Tout a commencé modestement. Les premières opérations de HAIX® en Croatie remontent à 1999, dans des locaux loués et avec du personnel local. Ce n’est qu’en 2005 que le groupe y crée officiellement sa filiale. Le choix de la Croatie ne doit rien au hasard : le pays dispose d’une longue tradition de fabrication de chaussures et d’un bassin de main-d’œuvre qualifiée, tout en se situant à seulement 500 kilomètres du siège social de Mainburg, en Bavière – une proximité qui facilite encore aujourd’hui les allers-retours entre le siège et le site de production.

L’histoire industrielle du site se lit à travers ses investissements successifs : la première halle de production sort de terre en 2009, accompagnée de l’achat du tout premier carrousel DESMA, alors d’occasion. Dans le monde très fermé de la fabrication de chaussures, le nom DESMA fait figure de référence absolue : ces machines, qui ressemblent à d’immenses moules à gaufres rotatifs, permettent d’injecter la semelle directement sur la tige de la chaussure. Leur nombre sert même, entre fabricants, d’étalon informel pour comparer la taille des outils industriels. Depuis 2021, HAIX® a fait évoluer son parc vers des carrousels équipés de bras robotisés articulés, capables d’exécuter des tâches plus complexes – poncer, couper, ajuster – réduisant d’autant la pénibilité du travail humain, améliorant la productivité et diminuant le taux de rebut.

Une croissance qui a transformé le site, brique par brique

L’essor de la production s’est accompagné d’une réorganisation constante des espaces : multiplication des entrepôts de stockage pour les matières premières, dont le caoutchouc et le polyuréthane composant les semelles – deux composants liquides mis en réaction chimique, qui exigent des conditions de stockage strictes et une séparation rigoureuse. Les bureaux administratifs, autrefois disséminés au sein même des ateliers de production, ont récemment été regroupés à l’entrée du site, dans un bâtiment neuf facilement identifiable à son grand logo en façade.

Le nombre de salariés reflète cette trajectoire : de 108 personnes en 2005, l’effectif est passé à environ 1 300 aujourd’hui. Fabrice Acconci n’élude pas les tensions qu’a traversées cette croissance : dans les années 2017-2018, de nombreux Croates quittaient le pays à la recherche de meilleurs salaires. L’entreprise a alors fait le choix du lean management, misant sur l’implication accrue des employés dans la fabrication, le suivi qualité et la formation continue, assortie de salaires plus attractifs. En janvier 2025, le gouvernement croate a de son côté décrété une revalorisation unilatérale de 15 % de l’ensemble des salaires du pays – une hausse que HAIX® affirme avoir absorbée sans répercuter intégralement sur ses prix de vente.

Une indépendance énergétique pensée pour résister aux crises

La transition énergétique occupe une place centrale dans la stratégie du site. Le toit du bâtiment d’entrée accueille 4 542 m² de panneaux photovoltaïques, permettant à l’usine d’être autonome en électricité de mai à octobre. L’hiver, c’est la chaleur dégagée par les machines qui, couplée à la géothermie, assure le chauffage des bâtiments.

En complément, HAIX® dispose d’une capacité de stockage de gaz liquéfié, activée en cas de rupture des circuits d’approvisionnement traditionnels – un scénario que le site a déjà connu en janvier dernier lors de tensions sur les réseaux pétroliers. Cette autonomie énergétique s’accompagne d’autres initiatives, plus modestes mais symboliques : toiture végétalisée, ruches installées à Mainburg dont le miel est proposé aux visiteurs, et transition progressive de la flotte automobile vers l’électrique et l’hybride.

La logistique, l’affaire exclusive de l’Allemagne

Contrairement à d’autres groupes industriels, HAIX® a fait le choix de ne concentrer sur le site croate que la production, en confiant l’intégralité de la logistique au siège allemand. Un choix assumé par Fabrice Acconci, qui juge risqué de transformer une usine de fabrication en plateforme logistique. Le centre allemand est ainsi capable de livrer n’importe quel pays sous 48 heures et dispose d’une capacité de stockage pouvant atteindre 320 000 paires, pour une cadence moyenne actuelle de l’ordre de 275 000 à 280 000 paires. Particularité du groupe : chacun des quelque 140 modèles du catalogue est maintenu en stock en permanence, dans une gamme de pointures qui s’étend du 35 au 51, demi-pointures comprises.

La RSE, colonne vertébrale de la marque

Chez HAIX®, la responsabilité sociétale et environnementale se décline d’abord par le choix de fabriquer en Europe. Vient ensuite, en tête des priorités, la durabilité et la qualité des produits. Le groupe s’appuie sur des matériaux dont 97 % sont d’origine européenne cuirs compris, sélectionnés notamment pour éviter les dégradations causées par certains insectes présents dans d’autres régions du monde productrices de cuir.

Cette exigence a un coût : Fabrice Acconci évoque des tarifs supérieurs d’environ 30 % à la concurrence, un surcoût que l’entreprise justifie par un raisonnement en coût total de possession – une chaussure plus durable, remplacée moins souvent, s’avère in fine plus économique pour l’acheteur professionnel, en particulier depuis que de grandes entreprises comme EDF ont adopté une logique de remplacement à l’usure plutôt qu’une dotation annuelle systématique.

La réparabilité constitue un autre pilier de cette politique : HAIX® affirme réparer entre 22 000 et 25 000 paires par an, principalement depuis l’Allemagne, où un espace dédié permet aux pompiers et forces de l’ordre de déposer leurs chaussures autour d’un café offert. Un projet pilote est actuellement mené avec EDF pour tester ce même service en France.

Les utilisateurs peuvent également commander eux-mêmes des pièces détachées – lacets, crochets, boucles – sur la boutique en ligne du groupe, à partir de quelques euros. Sur le volet du recyclage, 96 modèles de la gamme intègrent aujourd’hui des matériaux recyclés, les pièces de rechange sont conservées pendant près de dix ans, et les chutes de cuir sont réemployées pour fabriquer contreforts, sous-verres, porte-clés ou trousses.

L’humain, argument central de la culture d’entreprise

Au-delà des chiffres de production, Fabrice Acconci insiste sur une politique sociale qu’il présente comme différenciante. Créée en 2022, la « HAIX® Académie » propose formations linguistiques, montée en compétences et sensibilisation à la cybersécurité. Chaque année, une soixantaine d’apprentis, principalement en Allemagne, sont immergés pendant trois mois dans l’atelier de fabrication et invités à concevoir, en fin de parcours, la chaussure de leurs rêves – un exercice de créativité présenté chaque année lors d’une convention réunissant l’ensemble des équipes européennes du groupe.

Sur le site croate, la fabrication tourne en continu, 24 heures sur 24, organisée en trois équipes fixes plutôt qu’en rotation classique entre matin, après-midi et nuit – un choix directement inspiré d’études menées dans l’industrie automobile européenne, selon lesquelles la stabilité des horaires de travail limite les déséquilibres physiologiques liés aux changements de rythme.

Deux initiatives illustrent enfin l’attention portée au collectif : une expédition organisée il y a quelques années pour emmener sur la côte adriatique les employés qui, bien que situés à deux heures de route seulement, n’avaient jamais vu la mer ; et une grande fête de fin d’année réunissant, en Allemagne comme en Croatie, l’ensemble des salariés – de la production aux fonctions commerciales – dans un cadre où, le temps d’une journée, les hiérarchies s’effacent.

Une chaussure pour incarner la polyvalence de la marque

Avant de céder la parole à la visite d’atelier proprement dite, Fabrice Acconci a choisi de présenter un modèle emblématique et volontairement transversal : la Black Eagle Safety 40 Mid, une chaussure de sécurité mi-montante – un format qui représente à lui seul 80 % des chaussures de sécurité vendues aujourd’hui sur le marché du travail.

De la location de ses premiers locaux en 1999 à un site autonome en énergie capable de produire 20 000 paires par jour, HAIX® a construit en Croatie bien plus qu’une simple usine délocalisée : un véritable écosystème industriel pensé pour concilier performance, résilience énergétique et ancrage humain. Entre carrousels DESMA nouvelle génération, panneaux photovoltaïques, ateliers de réparation et fêtes de fin d’année sans distinction de statut, le groupe bavarois affiche une cohérence revendiquée entre son discours et ses pratiques. Reste à savoir si cette exigence, qui a un coût assumé pour l’acheteur, saura convaincre durablement un marché français encore largement dominé par la logique du prix le plus bas.

A propos du Site de production de chaussures HAIX® CROATIA de Mala Subotica :

● Surface de production : 14 500 m²
● Locaux administratifs : 1 500 m²
● Stock de matières premières : 1 700 m²
● Stock de produits finis : 800 m²
● Capacité : jusqu’à 20 000 paires / jour
● 2.5 à 3M paires / an
● Collaborateurs : 1300

Bon à savoir : La qualité et la longévité au cœur de l’ADN allemand

Chez HAIX®, la qualité ne se résume pas à un argument commercial : elle constitue un véritable pilier de l’entreprise. De la sélection des matières premières jusqu’à la réparation des chaussures après plusieurs années d’utilisation, chaque étape est pensée pour garantir performance, fiabilité et longévité.

Une exigence de qualité à chaque étape

Chaque année, près de 70 stagiaires sont formés par HAIX aux exigences du contrôle qualité. Une démarche qui illustre la volonté de l’entreprise de transmettre et de maintenir un haut niveau de savoir-faire.

La qualité des chaussures repose notamment sur deux critères essentiels : leur fonctionnalité et la fiabilité des matériaux utilisés.

HAIX® privilégie largement les fournisseurs européens : 97 % de ses matières premières en sont issues. Un choix qui permet notamment de mieux maîtriser la qualité et la traçabilité des composants.

Le cuir fait lui aussi l’objet d’une attention particulière. D’après les données de l’ONU, un mètre carré de cuir génère en moyenne l’équivalent de 17 kg de CO₂. Celui fourni à HAIX® par Heinen, son partenaire de longue date, affiche une empreinte de 11 kg de CO₂ par mètre carré, soit un niveau sensiblement inférieur à cette moyenne.

Innover sans jamais sacrifier la performance

L’entreprise explore également de nouvelles pistes pour faire évoluer ses matériaux. Cuir à base de fibres de cactus ou Extraguard de Gore-Tex : les alternatives sont régulièrement étudiées et soumises à des essais.

Plus léger que le cuir traditionnel, Extraguard présente plusieurs atouts : il est végan, certifié sans chrome et sèche rapidement. Mais chez HAIX®, l’innovation n’est jamais une fin en soi. Un matériau alternatif ne peut être retenu que s’il est capable de répondre aux mêmes exigences en matière de fonctionnalité, de résistance et de durée de vie.

La robustesse des produits fait d’ailleurs l’objet de contrôles particulièrement poussés. Environ 5 % de la production en cours est soumise à un test d’étanchéité dans une centrifugeuse. Après fabrication, certaines chaussures sont entièrement démontées afin d’être examinées dans les moindres détails. Cette démarche permet d’identifier d’éventuels défauts et d’en comprendre précisément les causes.

Sur le plan environnemental, HAIX cherche également à limiter le recours aux produits chimiques. Lorsque cela est possible, les colles contenant des solvants sont écartées du processus de fabrication.

Le terrain comme laboratoire d’innovation

Pour concevoir ses chaussures, HAIX ne se contente pas d’imaginer les besoins de ses clients : l’entreprise va à leur rencontre.

Artisans, agriculteurs, pompiers et autres professionnels sont régulièrement suivis directement sur leur lieu de travail. Cette immersion permet aux équipes de mieux comprendre les contraintes auxquelles ils sont confrontés au quotidien et de recueillir leurs impressions en conditions réelles.

Ces retours d’expérience constituent une véritable source d’inspiration pour faire évoluer les produits et répondre au plus près des exigences du terrain.

Réparer plutôt que jeter

La philosophie de HAIX® va au-delà de la fabrication d’une chaussure résistante. Dès la conception, les équipes réfléchissent à la possibilité de réparer et de prolonger la vie du produit.

L’objectif est clair : lutter contre la logique du « tout-jetable » et limiter la surconsommation. Chaque étape du processus de fabrication est ainsi pensée pour maximiser la durée d’utilisation des chaussures.

Cette stratégie permet d’atteindre un coefficient de durabilité annoncé entre 1,8 et 3 sur 18 mois, témoignant de la volonté de l’entreprise de miser sur des produits conçus pour durer.

Une seconde vie pour des milliers de chaussures

Cette démarche se poursuit bien après la vente. HAIX® dispose de ses propres ateliers de réparation à Mainburg, en Allemagne, mais également en Amérique du Nord.

Une dizaine de cordonniers spécialisés y travaillent à la remise en état des chaussures. Chaque année, entre 22 000 et 25 000 paires sont ainsi réparées et remises en circulation.

Une manière concrète pour HAIX® de prolonger la durée de vie de ses produits, tout en réduisant leur remplacement prématuré.

Chez HAIX®, la durabilité ne se limite donc pas au choix des matériaux. Elle s’inscrit dans une démarche globale : concevoir mieux, produire avec exigence, tester sans compromis et surtout, réparer plutôt que jeter.

A propos de HAIX® GROUP :

● Fondée en 1948 par Xaver HAImerl, HAIX conçoit et fabrique, en Europe, des équipements de protection individuelle high tech et innovants. Depuis sa création, la cordonnerie familiale bavaroise élabore des chaussures professionnelles durables (3 fois supérieur aux modèles du marché), des chaussures pensées pour pouvoir être réparées. Un atelier et des services de réparation sont à la disposition de ses clients.

● Unique fabricant au monde en mesure d’effectuer des contrôles qualité complets EN (UE) et NFPA (USA) dans ses propres laboratoires, HAIX est désormais un acteur mondial distribué dans 80 pays. Dirigée par Tanja et Michael Haimerl, petits enfants du fondateur, l’entreprise fabrique 1,7 millions de paires de chaussures par an, emploie 2300 collaborateurs et a réalisé un CA 24 de 250 millions d’euros.

Plus d’info sur HAIX® GROUP : Corporate + Site marchand

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Alexis Aziza

Fondateur et rédacteur en chef de Secteur-Vert.com, le média de référence du jardin et des espaces verts.

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