IZIGROUP : Interview du Dr Romain LASSEUR – partenaire 2026 de BIOGENTS AG pour la protection et la lutte contre les moustiques tigres
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Moustique tigre : la France face à une menace sanitaire qu’elle ne peut plus ignorer.
Entretien avec le Dr Romain Lasseur, expert européen des espèces envahissantes et partenaire 2026 de Biogents AG. Il y a vingt ans, il n’existait pas sur le territoire français. Aujourd’hui, il a colonisé la quasi-totalité du pays et s’impose comme l’un des enjeux de santé publique les plus pressants de la décennie. Le moustique tigre, arrivé en France au début des années 2000, n’est plus seulement une nuisance estivale : il est devenu un vecteur actif de maladies autrefois considérées comme exotiques, la dengue et le chikungunya en tête.
Pour comprendre l’ampleur du phénomène et les moyens d’y faire face, nous sommes allés à la rencontre du Dr Romain Lasseur, docteur en toxicologie animale, expert européen des espèces animales envahissantes et président d’IZIGroup, société qui accompagne depuis plusieurs années le développement de solutions de lutte antimoustique, notamment celles du fabricant Biogents. Entre bilan scientifique, mise en garde et pistes de solutions, l’entretien dresse un état des lieux sans concession.
Un nouvel intrus dans l’écosystème français
Spécialiste des espèces envahissantes, Romain Lasseur a travaillé sur des dossiers aussi variés que la punaise de lit, le frelon asiatique ou les rongeurs. Un fil rouge relie ces travaux : la dynamique d’expansion des espèces, qu’elles soient locales ou importées. Le moustique tigre s’inscrit pleinement dans cette logique. Contrairement au moustique commun, actif la nuit et responsable avant tout de nuisances, ce nouvel arrivant pique en pleine journée et présente un impact sanitaire inédit sur le territoire national.
Les deux espèces se distinguent nettement, tant par leur comportement que par leur morphologie. Le moustique commun agit en soirée et pendant la nuit, tandis que le moustique tigre concentre son activité en deux pics, l’un en milieu de matinée, l’autre en milieu d’après-midi. Il se reconnaît à ses anneaux blancs sur les pattes et à la ligne blanche caractéristique qui orne son thorax. Deux insectes, donc, aux habitudes radicalement différentes, mais dont la cohabitation étend désormais la période et les moments d’exposition aux piqûres.
Pour le Dr Lasseur, la qualification d’espèce invasive ne fait aucun doute : introduction accidentelle, expansion démographique fulgurante, colonisation quasi totale du territoire en une vingtaine d’années seulement. Un scénario qui pourrait se répéter avec un autre cousin du moustique tigre, Aedes aegypti, actuellement aux portes de l’Europe et susceptible, selon l’expert, de s’installer à son tour et d’amplifier la diffusion des maladies vectorielles.
Insecticides : la fin d’un modèle ?
Le recours aux insecticides chimiques, longtemps considéré comme la réponse évidente, a profondément évolué. Le Dr Lasseur rappelle que cette chimie a, en son temps, contribué à la souveraineté alimentaire du pays au sortir de la guerre. Mais un usage excessif a nourri, selon lui, une véritable défiance du grand public à l’égard de ces produits.
Aujourd’hui, l’accès des particuliers aux solutions chimiques les plus efficaces s’est nettement restreint, moins pour des raisons d’inefficacité que pour des considérations de risque sanitaire. À cela s’ajoute un phénomène de résistance observé chez plusieurs espèces – blattes, punaises de lit et moustiques – vis-à-vis des pyréthrinoïdes de synthèse. Mais la cause principale du recul de ces produits reste réglementaire : les autorités ont retiré du marché grand public les solutions jugées les plus risquées.
Autre facteur déterminant : le moustique vit et se reproduit majoritairement en extérieur, un espace où l’usage d’insecticides est désormais très encadré, en dehors du cadre agricole. Seules les Agences régionales de santé (ARS) peuvent, dans des situations de risque épidémique avéré – par exemple après le retour d’un voyageur ayant contracté le chikungunya – autoriser l’intervention ponctuelle d’opérateurs habilités. Une réponse d’exception, loin de constituer une stratégie durable pour l’ensemble du territoire.
Le pari du piégeage sans insecticide
C’est dans ce contexte qu’IZIGroup a développé, depuis cinq à six ans, une expertise spécifique sur les pièges à moustiques, en collaboration avec plusieurs acteurs du marché, dont Biogents. L’entreprise s’est formée sur le terrain, rapprochée de spécialistes et a construit une véritable culture scientifique du sujet, testant de manière indépendante les différentes solutions destinées tant au grand public qu’aux professionnels.
L’intérêt des pièges Biogents, souligne le Dr Lasseur, réside dans l’absence d’insecticide de synthèse : le dispositif attire les femelles en quête d’un repas de sang grâce à une diffusion de CO2 couplée à un attractif, sans recourir à une action chimique létale. Une méthode complémentaire, donc, mais dont l’efficacité repose sur des choix scientifiques précis.
L’expert met en avant l’ancrage historique de Biogents dans la recherche : l’entreprise a très tôt travaillé sur la reproduction de l’odeur et du comportement humains pour piéger les femelles, et surtout sur la maîtrise du flux d’air à l’intérieur du piège, un paramètre qu’il considère comme déterminant et qui distinguerait la marque de ses concurrents.
Ayant eu l’occasion de tester la quasi-totalité des pièges disponibles sur le marché dans le cadre d’essais indépendants, le Dr Lasseur affirme que les dispositifs Biogents se sont systématiquement montrés plus efficaces que ceux de leurs concurrents, tout en insistant sur l’importance de la spécificité : piéger des moustiques plutôt que d’autres insectes utiles à la biodiversité, notamment les pollinisateurs.
Une prise de conscience politique encore balbutiante
Interrogé sur la réaction des pouvoirs publics, le Dr Lasseur se montre lucide : la société agit encore trop souvent dans l’urgence plutôt que dans l’anticipation. Les chiffres, pourtant, parlent d’eux-mêmes. En 2025, la France a enregistré plus de 1 500 cas de chikungunya, dont environ 700 cas dits « autochtones » – c’est-à-dire contractés sans voyage préalable en zone à risque. Un basculement majeur : la maladie n’est plus exotique, elle est devenue métropolitaine.
Pour l’expert, ce constat ne laisse plus de place à l’attentisme. Ignorer la réalité du moustique tigre reviendrait, selon lui, à faire l’impasse sur la santé publique et sur la santé des citoyens eux-mêmes.
Quant à une éradication totale de l’espèce, le Dr Lasseur n’entretient aucune illusion : à l’image de la punaise de lit ou du frelon asiatique, le moustique tigre est désormais durablement installé dans l’écosystème français. La question n’est donc plus de l’éliminer, mais d’apprendre à vivre avec lui en limitant son impact.
La pédagogie, clé de voûte de la lutte
Reste un enjeu majeur : la meilleure technologie ne vaut rien si elle est mal utilisée. Un piège efficace, mal positionné ou mal compris, perd une grande partie de son intérêt. C’est là, selon le Dr Lasseur, que se joue peut-être la bataille la plus difficile : accompagner et former le grand public.
Il salue à ce titre les initiatives de gamification et les interfaces numériques développées par Biogents, qui permettent d’informer les particuliers tout en les impliquant activement dans la surveillance des moustiques et le bon positionnement des solutions de piégeage. Dans une société connectée, cette dimension digitale devient, selon lui, incontournable pour transmettre l’information et ancrer de nouveaux réflexes.
Car la donne a changé : autrefois cantonné à l’espace public, le moustique se développe désormais massivement dans les jardins et les habitations privées. Chacun devient, sans le savoir, producteur de ses propres moustiques tigres. Comprendre la biologie de cette espèce, identifier les gîtes larvaires, piéger efficacement : autant de gestes qui relèvent désormais de la responsabilité individuelle, dans une logique de moyen et de long terme.
L’installation durable du moustique tigre sur le territoire français rebat les cartes d’une lutte longtemps pensée comme ponctuelle et localisée. Entre le recul des solutions chimiques, l’émergence de méthodes de piégeage sans insecticide et la nécessité d’une véritable pédagogie collective, le combat contre ce nouvel habitant de nos jardins s’annonce long et exigeant.
Comme le rappelle le Dr Romain Lasseur, aucune solution miracle ne viendra régler la question du jour au lendemain, ni depuis les seuls bureaux de l’État. C’est bien l’implication de chacun, associée à des outils scientifiquement éprouvés, qui déterminera la capacité du pays à limiter, année après année, l’impact sanitaire de cette espèce désormais installée pour de bon.
Source : IZIGROUP




