KRAAKMAN BV : Stefan SCHMEITZ, Directeur Commercial Régional Golf & Turf – « Sur les greens de la Solheim Cup 2026, l’alliance discrète avec JOHN DEERE qui fait tourner le Bernardus Golf »
10 min de lecture · 27 vues
Reportage à Cromvoirt, aux Pays-Bas… La Solheim Cup 2026 a livré son spectacle du 7 au 13 septembre. Derrière la perfection des fairways, une mécanique de précision orchestrée par John Deere et son concessionnaire néerlandais Kraakman BV. Rencontre avec Stefan Schmeitz, directeur commercial régional Golf & Turf.
Ce que le public ne voit jamais
Le gazon d’un parcours de championnat ne doit rien au hasard. Quand les meilleures joueuses européennes et américaines se sont affrontées sur le parcours du Bernardus Golf, à Cromvoirt, chaque brin d’herbe avait été pensé, mesuré, entretenu. Le 27 août 2026, une conférence de presse confirmait le rôle de John Deere comme fournisseur officiel de matériel d’entretien pour l’événement.
Sur le terrain, c’est Kraakman BV, unique concessionnaire de la marque aux Pays-Bas, qui a assuré la présence quotidienne. Stefan Schmeitz, responsable régional des ventes Golf & Turf pour le sud du pays, raconte un métier de l’ombre, où la technologie le dispute désormais à l’écologie.
Un concessionnaire unique pour tout un pays
Kraakman BV occupe une position singulière sur le marché néerlandais : l’entreprise est le seul distributeur John Deere du pays. Une exclusivité qui s’accompagne d’un maillage dense – une trentaine d’implantations réparties sur le territoire – permettant d’être à proximité immédiate de presque chaque parcours de golf néerlandais.
La maison fonctionne en deux divisions strictement séparées : l’agriculture d’un côté, le Golf & Turf de l’autre. Cette seconde branche fournit municipalités, clubs de golf, terrains de sport, propriétaires fonciers et grands clients privés, en machines neuves comme en pièces détachées, avec un atelier de réparation dédié aux professionnels. Au-delà de John Deere, Kraakman importe et distribue d’autres équipements spécialisés pour les surfaces engazonnées.
« Nous formons une bonne équipe de cinq personnes », résume Stefan Schmeitz, qui pilote quatre commerciaux couvrant les provinces méridionales, épaulés par deux spécialistes strictement dédiés au golf. L’objectif tient en trois mots : vendre, gagner des parts de marché, garder des clients satisfaits.
Du constructeur au concessionnaire : un parcours à rebours
Le profil de Stefan Schmeitz éclaire la relation entre la marque et son réseau. Pendant plus de dix ans, il a travaillé chez John Deere même – d’abord comme représentant, puis comme responsable territorial Turf, en charge des Pays-Bas avant de couvrir l’ensemble du Benelux. Puis il a franchi la ligne, pour rejoindre la concession.

« Ce que j’aime chez Kraakman, c’est que l’on a beaucoup plus de contacts avec les clients, et que l’on est beaucoup plus proche du marché », explique-t-il. L’expérience acquise chez le constructeur constitue un atout évident : il connaissait déjà les gammes Turf et Golf avant même son premier jour.
Il ajoute un constat lucide sur le poids d’une marque premium : beaucoup de clients du secteur la connaissent déjà, ce qui dispense d’avoir à justifier sa présence ou à présenter ce que l’on vend. « Ce n’est toujours pas facile, mais cela ouvre des portes. »
Le grand virage : électrification et robotisation
Sur ce marché, les Pays-Bas font figure de laboratoire européen. Les considérations environnementales y pèsent lourd, et la transition est engagée : on passe des machines autoportées, conduites par un opérateur, à des matériels électriques et à des tondeuses autonomes robotisées.
« Surtout aux Pays-Bas, ils sont en pointe sur ce sujet », observe Stefan Schmeitz. Le rôle du concessionnaire évolue en conséquence : il ne s’agit plus seulement de vendre, mais d’accompagner la conversion des flottes vers l’électrique ou la robotique.
L’autre révolution : le logiciel
Moins visible, la mutation numérique n’en est pas moins profonde. John Deere a massivement investi dans le développement des machines de golf – non seulement dans l’électrification, comme au Bernardus, mais aussi dans les logiciels de gestion de flotte.
Demain, promet Stefan Schmeitz, les réglages eux-mêmes se piloteront à distance : le greenkeeper ou l’intendant du parcours pourra modifier depuis son ordinateur les paramètres d’une machine avant même que l’équipe ne parte sur le terrain, en fonction de la température ou de l’irrigation du jour.
Une semaine de championnat, un dispositif de guerre
Pendant la Solheim Cup, le dispositif déployé au Bernardus ne laissait rien au hasard. Un mécanicien présent sur place en permanence. Des commerciaux sur le parcours, pour échanger avec les clients potentiels venus en nombre. Et surtout, un parc de machines de remplacement, fourni conjointement par John Deere et Kraakman.
La logique est simple : en cas de panne, aucune interruption. Le club peut immédiatement substituer un matériel à un autre et poursuivre la tonte, l’arrosage et l’entretien du parcours. « Ils ont bien sûr leurs propres équipes, et beaucoup de bénévoles. Et derrière ces bénévoles, il y a les gens de John Deere et de Kraakman. »
Pourquoi le Bernardus a choisi la marque
Le partenariat ne s’explique pas par le seul sponsoring de l’épreuve. Stefan Schmeitz évoque « beaucoup de petites raisons » : la performance des machines, d’abord, mais aussi la qualité de la relation humaine entre les équipes et l’intendant du parcours, Niall RICHARDSON. Une accumulation de détails qui, mis bout à bout, a emporté la décision.
Le résultat, lui, se lit à l’œil nu – pour qui sait regarder. « Vous pouvez voir, à la surface du parcours, que ces machines sont conçues pour offrir une bonne qualité de coupe. » L’exemple cité est parlant : régler une machine pour que la fréquence de coupe reste constante améliore directement la jouabilité, donc le plaisir du golfeur. Un œil averti devine, en traversant un parcours, quelles machines y travaillent et comment elles sont entretenues.
L’été 2026, quatre canicules et une leçon d’humilité
Le contexte climatique a compliqué la tâche. Quatre vagues de chaleur ont frappé durant l’été, et maintenir un parcours au niveau exigé par une Solheim Cup relève alors de l’équilibrisme.
La réponse des greenkeepers a été contre-intuitive : moins, c’est plus. Moins de passages de machines, pour ne pas soumettre le gazon à un stress supplémentaire. Une hauteur de coupe légèrement relevée, pour limiter l’évaporation de l’eau du sol. Une gestion défensive, patiente, à rebours de l’idée reçue d’un entretien toujours plus intensif.
Une saison commerciale en suspens
Cette météo aura aussi des effets économiques, encore indéterminés. La saison de vente des machines pour l’année suivante s’ouvre tout juste. Mais beaucoup de matériels ont peu tourné cette année, faute de pousse. « Nous ne connaîtrons qu’en fin décembre ou en janvier l’effet réel de ces épisodes de chaleur », prévient Stefan Schmeitz. Les clients investiront-ils comme prévu, ou repousseront-ils l’achat au motif que leurs machines affichent peu d’heures ? La réponse tombera cet hiver.
À noter que l’occasion reste marginale dans le modèle économique : l’essentiel des machines d’occasion provient de reprises, et l’activité demeure centrée sur le neuf.
Marchés publics : un métier dans le métier
Le travail avec les municipalités impose une autre approche. Au-delà d’un certain montant, la commande passe obligatoirement par un appel d’offres. Kraakman a donc internalisé la compétence : un spécialiste des appels d’offres, basé au siège et compétent pour l’ensemble des Pays-Bas, épaule les commerciaux dans la rédaction des dossiers et les réponses aux questions techniques.
Faire remonter la voix du client jusqu’à l’usine
Le métier de Stefan Schmeitz ne se limite pas à la vente. Il consiste aussi à écouter, puis à transmettre. Une équipe dédiée visite l’ensemble des parcours du pays. Chaque année, des clients sont conviés en Allemagne, au siège européen du constructeur, pour partager leurs retours. À l’achat d’une machine neuve, un formulaire de retour d’expérience est systématiquement remis.

Pour les clients de premier plan comme le Bernardus, le dispositif va plus loin : des événements de feedback réunissent des professionnels venus du monde entier pour examiner des prototypes et livrer, sans filtre, leurs impressions favorables comme leurs critiques. Stefan Schmeitz a participé à plusieurs de ces rendez-vous, notamment aux États-Unis.
L’anecdote : une table à hauteur d’homme
Interrogé sur ce qui le rend fier de travailler avec la marque, il ne cite ni un chiffre ni une machine. Il raconte une visite au siège mondial du constructeur, aux États-Unis, il y a quelques années, en compagnie de clients.
Les usines l’ont impressionné. Le bâtiment du siège, davantage encore – pour un détail d’architecture. La salle de direction n’avait pas été installée en hauteur, dominant le paysage, mais au niveau du sol, à hauteur du terrain.
La raison ? Depuis cette pièce, les dirigeants devaient regarder la terre à son niveau. « Ils voulaient être au même niveau que les agriculteurs et les greenkeepers. Pas au-dessus d’eux, mais au même niveau. » Et Stefan Schmeitz de conclure : « J’ai trouvé très impressionnant qu’ils aient pensé à ces petits détails. ».
La performance est une chaîne
La Solheim Cup 2026 restera dans les mémoires pour ses coups joués et ses putts décisifs. Elle aura aussi illustré, discrètement, une réalité que le golf professionnel ne met jamais en avant : la qualité d’un parcours de championnat est le produit d’une chaîne entière – un constructeur qui investit dans l’électrification et le logiciel, un concessionnaire qui maille le territoire et assure la continuité de service, des équipes et des bénévoles qui tondent à l’aube, et des choix agronomiques parfois faits de renoncements.
À l’heure où le secteur bascule vers l’électrique, le robotisé et le connecté, et où le dérèglement climatique impose sa loi aux gazons comme aux calendriers commerciaux, cette chaîne devient plus technique – et plus humaine à la fois. Elle repose, in fine, sur ce que décrit Stefan Schmeitz : la relation entre des gens qui se connaissent, et le souci du détail. Y compris celui de la hauteur d’un bureau.
Bon à savoir
Pour garantir des conditions de jeu irréprochables lors de la Solheim Cup 2026, John Deere mobilise une flotte impressionnante de matériel : tondeuses 2775E et 220E, utilitaires Gator TE, ainsi que des pulvérisateurs équipés de technologie GPS. Cet arsenal technique, précisément adapté aux exigences du parcours néerlandais, illustre le rôle central que joue désormais l’innovation dans la préparation des grands tournois.
Cet accompagnement de premier plan s’appuie sur un réseau solide, avec en première ligne Kraakman BV, concessionnaire officiel John Deere aux Pays-Bas, spécialisé dans la vente et l’entretien de matériel destiné à l’agriculture, aux espaces verts, au golf, au BTP et à la manutention. Une organisation logistique de grande ampleur, puisque le matériel voyage entre plusieurs pays – du Royaume-Uni jusqu’aux Pays-Bas – pour être ajusté aux conditions spécifiques de chaque parcours accueillant un tournoi.
Pour en savoir plus : John Deere – Bernardus Golf – Solheim Cum – Kraakman B.V.




