Niall RICHARDSON – Golf Course Superintendent du Bernardus Golf : Dans les coulisses vertes de la Solheim Cup 2026, en partenariat avec JOHN DEERE
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À Cromvoirt, aux confins du Brabant-Septentrional néerlandais, un parcours de golf pas comme les autres accueille du 7 au 13 septembre 2026 l’un des événements majeurs du golf féminin mondial : la SOLHEIM CUP. Rencontre avec Niall Richardson, le Golf Course Superintendent du Bernardus Golf, qui a fait de ce site un laboratoire d’innovation environnementale – et un partenaire de premier plan de John Deere.
Un greenkeeper au service d’un projet hors norme
Trente-deux années passées les mains dans la terre, quatre parcours de golf de tout premier plan façonnés au fil d’une carrière internationale : Niall Richardson n’est pas un novice. Arrivé aux Pays-Bas en 2008 pour construire un parcours voisin, il rejoint ensuite l’aventure Bernardus Golf en 2015, dont il assure aujourd’hui la gestion complète du practice et de l’entretien.
Ce parcours du Brabant-Septentrional, ouvert officiellement le 10 septembre 2018, accueille du 7 au 13 septembre 2026 la prestigieuse Solheim Cup, la plus grande compétition de golf féminin par équipes entre l’Europe et les États-Unis. Un site jeune – à peine huit ans – mais qui affiche déjà la maturité et l’exigence des plus grands terrains internationaux.
Une philosophie de jeu ancrée dans la nature
Le site de Bernardus Golf n’est pas anodin : situé à proximité immédiate d’un parc naturel classé Natura 2000, il a été pensé dès l’origine par son propriétaire et son architecte comme un parcours intégré à un paysage naturel préservé, plutôt qu’imposé à celui-ci.

Cette ambition a trouvé un écho particulier chez Niall Richardson, arrivé aux Pays-Bas au moment même où le gouvernement néerlandais lançait ses premiers programmes de sensibilisation environnementale. Le pays a en effet mis en place dès 2011 les Green Deals, des accords volontaires associant entreprises, collectivités locales et société civile autour de projets concrets de durabilité – une dynamique qui s’inscrit aujourd’hui dans la trajectoire plus large du Pacte vert pour l’Europe, présenté par la Commission européenne en 2019, qui vise la neutralité carbone du continent d’ici 2050.
« Moins d’eau, moins de chimie, moins d’émissions » : c’est ainsi que Niall Richardson résume la ligne directrice qui a guidé la conception et l’entretien du parcours. Une philosophie qui se traduit très concrètement sur le terrain. Surtout cet été, en raison de l’impact de 4 séquences de vagues de chaleur caniculaire.
L’eau, ressource précieuse et recyclée
Le propriétaire de Bernardus Golf s’est engagé sur la voie de l’autonomie complète en ressources en eau. Chaque système de drainage du parcours alimente des lacs qui servent ensuite de réserve d’irrigation : l’eau est ainsi récoltée au printemps pour être utilisée durant les mois d’été les plus secs, dans une logique de recyclage intégral.
Vers le zéro intrant chimique
Sur les 82 hectares que compte la propriété, seuls 33 sont entretenus comme surfaces sportives – le reste étant laissé à la nature. Grâce à une gestion de précision, Bernardus Golf s’approche aujourd’hui d’un objectif de zéro intrant chimique, même si Niall Richardson reste prudent : des interventions ciblées, minimales et précises restent parfois nécessaires.
John Deere, un partenariat construit sur la confiance
Après des années de fidélité à une autre marque d’équipement, Niall Richardson a fait le choix, non sans susciter la surprise, de rejoindre l’écosystème John Deere. Une décision mûrie à l’occasion d’une session de retour d’expérience, avant même qu’il ne devienne client de la marque, où lui furent présentées les innovations à venir.

Au cœur de cette bascule : l’électrification des équipements, mais aussi et surtout la révolution des données et du logiciel. Longtemps attaché au papier, au crayon et aux tableurs Excel pour le suivi de son matériel, Niall Richardson a été séduit par la centralisation permise par les nouveaux outils : géolocalisation, connectivité, suivi des heures d’utilisation, réglages directement pilotables depuis le logiciel embarqué de chaque machine.
« Je peux aller sur l’ordinateur et dire : je veux 1400 tours par minute du cylindre de ma tondeuse hélicoïdale », illustre-t-il. Un gain de temps qui, selon lui, libère des heures précieuses pour un entretien plus fin et plus attentif du parcours – une comparaison qu’il n’hésite pas à filer avec le monde automobile : « C’est un peu comme la Formule 1. Toutes les innovations se filtrent ensuite dans la voiture que vous conduisez. »
Ce partenariat dépasse largement le cadre du tournoi : l’équipement engagé restera en service pour les quatre prochaines années, et repose sur une relation de confiance nouée avec le concessionnaire local Kraakman B.V. « L’industrie du golf est un métier d’amitié », résume le superintendant, pour qui la relation humaine a pesé autant que la performance technique dans ce choix.
La fétuque, signature d’un parcours unique en son genre
Particularité remarquable de Bernardus Golf : l’intégralité du parcours – fairways, roughs et abords – est semée en fétuque, une graminée rustique choisie pour sa résistance aux maladies et son adaptation au sol sableux du site. Ce sol, hérité d’une ancienne terre agricole mélangée à du sable blanc local, a été spécifiquement conçu pour optimiser la rétention d’eau.
Ce choix confère au parcours un caractère de links, proche des parcours côtiers britanniques et irlandais, où seule une tonte quotidienne raisonnée – sans opération de brossage agressif du gazon – permet de préserver la qualité de jeu. Un entretien que Niall Richardson qualifie lui-même de « moins mécanique, mais plus complexe », puisque la fétuque peut durcir et accélérer au fil de la journée, selon les conditions climatiques.
Une mobilisation collective pour l’événement
Pour orchestrer la préparation de la Solheim Cup 2026, Niall Richardson s’appuie sur une équipe permanente de 18 greenkeepers, à parité entre professionnels néerlandais et internationaux. Le jour du tournoi, ce sont près de 90 à 100 personnes qui seront mobilisées, incluant 70 volontaires ainsi que les équipes de soutien de Kraakman et de John Deere.

Sur le terrain, la stratégie d’entretien sera ajustée en temps réel en concertation avec l’équipe agronomique du circuit européen féminin (LET), avec des tontes quotidiennes, voire biquotidiennes, assurées au besoin à la tondeuse hélicoïdale à conducteur marchant entre les parties.
Un paysage façonné arbre par arbre
Au-delà des enjeux sportifs, c’est tout un écosystème que Bernardus Golf a patiemment construit depuis sa création. Pas moins de 1 280 arbres semi-matures ont été plantés sur le site, selon la volonté explicite du propriétaire de ne pas attendre des décennies pour offrir au paysage une allure mature. Chaque hiver, l’équipe transplante à la main les arbres devenus trop imposants pour les zones de jeu, créant peu à peu un corridor vert naturel, régulant la force du vent et ce, tout autour de la propriété.
Un modèle pour le golf de demain
À l’heure où le monde du golf s’interroge de plus en plus sur son empreinte environnementale, Bernardus Golf incarne une voie possible : celle d’un parcours pensé en harmonie avec son territoire, porté par une gestion de précision et un partenariat technologique assumé avec John Deere. Entre exigence sportive de très haut niveau – la Solheim Cup 2026 s’annonce comme un test redoutable pour les meilleures joueuses du circuit européen et américain – et engagement écologique de long terme, Niall Richardson et son équipe démontrent qu’excellence compétitive et respect du vivant peuvent, sur le sable du Brabant-Septentrional, avancer main dans la main.
Pour en savoir plus : John Deere – Bernardus Golf – Solheim Cum – Kraakman B.V.



