OBSERVATOIRE DES VILLES VERTES – UNEP – HORTIS : Angers, Annecy et Metz sur le podium du Palmarès 2026
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Alors que les nouvelles municipalités s’installent, l’Observatoire des villes vertes – initiative portée par l’Unep et Hortis – publie la 5e édition de son classement des agglomérations françaises les plus engagées en faveur du végétal. Une chose est sûre : En 2026, la nature en ville n’est plus un simple argument de charme; elle devient un outil concret pour affronter les grands bouleversements urbains, du réchauffement climatique à la gestion de l’eau, en passant par la biodiversité et le bien-être des habitants.
Un trio de tête largement renouvelé
Cette cinquième édition, qui passe au crible les stratégies de végétalisation des cinquante plus grandes agglomérations françaises, livre un classement aux allures inédites. Angers conserve sa couronne de ville la plus verte du pays, mais la vraie surprise vient d’Annecy, qui bondit directement à la deuxième marche du podium. Metz referme ce trio de tête, portée par son modèle précurseur de gestion écologique de ses espaces naturels.
Un peu plus loin dans le classement, plusieurs métropoles confirment leur bonne trajectoire : Lyon reste stable à la 4e position, tandis que Strasbourg se maintient parmi les cinq premières du pays.
Fait notable, de nouveaux noms font une entrée remarquée dans le top 10 : Besançon décroche la 6e place, et Bordeaux s’invite pour la première fois à la 10e position. Nantes, Caen et Rennes complètent ce classement, révélateur d’un mouvement de fond : celui de la renaturation, désormais à l’œuvre dans l’ensemble du territoire.
La nature, désormais pensée comme un investissement d’avenir
Ce palmarès dépasse le simple exercice de classement : il traduit un basculement dans la manière dont les collectivités envisagent la végétalisation. Autrefois cantonnée à une fonction décorative ou touristique, la nature urbaine devient une véritable réponse aux défis climatiques. Budgets alloués, surfaces plantées, essences d’arbres, stratégie de biodiversité : tous les indicateurs de 2026 racontent la même histoire, celle d’une accélération des politiques vertes.
- Des budgets en nette progression. Les municipalités mettent la main au portefeuille pour leurs espaces verts. En 2026, la dépense moyenne par habitant atteint 108,33 €, contre 80,18 € en 2023 – soit près de 28 € de plus en trois ans à peine. Sur une décennie, l’enveloppe consacrée aux espaces verts a bondi de +132 %.
- Des surfaces vertes globalement stables. Les grandes villes françaises affichent désormais 49,53 m² d’espace vert par habitant, contre 48,95 m² en 2023. Une quasi-stabilité qui traduit un changement de priorité : les collectivités misent davantage sur la valorisation de leur patrimoine existant que sur la simple création de nouvelles surfaces.
- Des choix de plantation repensés. Le nombre moyen d’arbres d’alignement s’élève à 8 pour 100 habitants, contre près de 12 en 2023. Une baisse en trompe-l’œil : elle traduit surtout une évolution qualitative, avec des essences mieux adaptées au climat de demain et des projets de renaturation plus réfléchis.
Comme le résume Nicolas Leroy, président de l’Unep et co-président de l’Observatoire des villes vertes, le végétal s’impose désormais comme un véritable outil stratégique pour préparer les villes aux conséquences du dérèglement climatique. Selon lui, les collectivités ont pleinement intégré son rôle dans le rafraîchissement des centres urbains, la sauvegarde de la biodiversité, la gestion de l’eau et la santé publique.
Il estime que cette dynamique, en pleine accélération partout en France, marque un tournant : les villes ne se contentent plus de “verdir”, elles s’adaptent véritablement au changement climatique – une trajectoire qu’il juge essentiel de prolonger par un effort soutenu d’entretien du patrimoine ainsi créé.
Des réponses concrètes face au dérèglement climatique
Multiplication des vagues de chaleur, raréfaction de l’eau, sols de plus en plus imperméabilisés : pour répondre à ces pressions grandissantes, les villes déploient des solutions puisées directement dans la nature.
Sur le terrain, les exemples ne manquent pas. À Lyon, le dispositif des « cours nature » a permis de transformer 79 cours d’école : plus de 14 000 m² de surfaces désimperméabilisées et près de 350 arbres plantés, pour offrir aux enfants des espaces plus frais.
À Angers, la stratégie climatique repose notamment sur la création d’îlots de fraîcheur, la désimperméabilisation progressive des sols et la plantation d’environ 1 000 arbres par an.
Strasbourg, de son côté, mise sur une approche à grande échelle en s’appuyant sur un maillage naturel dense – forêts, zones humides, jardins nourriciers. La ville a notamment inauguré un nouveau parc de 5 hectares, réunissant plus de 400 arbres et 80 essences différentes, conçu à la fois pour la biodiversité et pour les usages quotidiens des habitants.
Ces réalisations locales s’inscrivent dans une dynamique bien plus large, à l’échelle nationale :
- 97 % des villes ont aménagé des îlots de fraîcheur ;
- 94 % ont lancé des actions de désimperméabilisation des sols ;
- 91 % privilégient désormais des essences adaptées au changement climatique ;
- 69 % disposent d’un plan structuré de gestion de l’eau.
Les habitants, acteurs de la ville verte de demain
Cette transformation ne se limite pas aux services techniques municipaux : elle implique de plus en plus directement les citoyens. En 2026, près de 7 villes sur 10 proposent un permis ou une charte de végétalisation, et 72 % offrent un accompagnement concret pour aider les habitants à planter. Une façon d’ancrer durablement la nature dans le quotidien urbain, et de transformer chaque citoyen en véritable acteur de la résilience de sa ville.
Anne Marchand, présidente d’Hortis et co-présidente de l’Observatoire des villes vertes, souligne que face au changement climatique, les villes accélèrent leur mutation et investissent davantage dans des politiques ambitieuses en faveur de la nature urbaine.
Elle observe que le végétal est de plus en plus perçu comme une infrastructure à part entière, indispensable pour rafraîchir les espaces urbains, mieux gérer l’eau, renforcer la biodiversité et améliorer durablement le cadre de vie.
Pour elle, ce Palmarès 2026 démontre que les collectivités engagent des moyens toujours plus importants, resserrent leur lien avec les habitants, et font de la transition écologique une trajectoire bien réelle de résilience territoriale.
Méthodologie
Cette étude a été menée auprès des 50 plus grandes villes françaises, via leurs directions Espaces verts et leurs élus, entre septembre 2025 et janvier 2026. Un questionnaire autoadministré a porté sur 97 indicateurs, pondérés et répartis en quatre grandes catégories : Patrimoine vert, Fonctionnement et organisation, Actions et initiatives, Sensibilisation et promotion. Les résultats ont ensuite été croisés avec les données INSEE relatives aux villes et à leur population.
À propos de l’Observatoire des villes vertes
Créé en 2014 par l’Unep – Les Entreprises du Paysage – et Hortis, l’organisation qui réunit les responsables d’espaces nature en ville, l’Observatoire des villes vertes vise à nourrir la réflexion sur l’avenir de la ville verte en France et à encourager la multiplication des initiatives végétales en milieu urbain. Il propose des cartographies dynamiques recensant les projets d’aménagement paysager les plus remarquables, des analyses sur les tendances à venir, ainsi qu’un espace de veille rassemblant sondages et études consacrés au végétal. Plus d’informations sur : Observatoire des villes vertes.
À propos de l’Union Nationale des Entreprises du Paysage (Unep)
● Fondée en 1963, l’Unep constitue « l’équipe de France » des jardiniers paysagistes. Seule organisation professionnelle du paysage reconnue par les pouvoirs publics, elle représente environ 33 550 entreprises spécialisées dans l’aménagement, l’entretien et l’animation des espaces de nature — parcs, jardins, végétalisation du bâti, paysagisme d’intérieur, génie écologique, soins aux arbres, et bien plus encore.
● Avec plus de 140 000 actifs, elle constitue la première force vive de la végétalisation et de la renaturation urbaine en France. Présente au plus près de ses adhérents grâce à ses 13 unions régionales, l’Unep défend les intérêts du secteur, élabore les normes sociales de la profession et pilote la création des règles professionnelles du métier. Plus d’informations sur : Unep
À propos d’Hortis :
● Hortis, association nationale inscrite dans l’histoire des politiques publiques des parcs et jardins, fédère depuis 90 ans les responsables d’espaces de nature en ville. Elle s’inscrit dans l’héritage de figures fondatrices comme Eugène Le Graverend, dont l’action à la tête des parcs et jardins de Rouen a structuré une vision moderne du service public : au service du cadre de vie, des paysages, de l’horticulture et déjà porteuse des premières idées écologiques.
● Aujourd’hui, Hortis rassemble un réseau de femmes et d’hommes professionnels du service public – directeurs, ingénieurs, techniciens, jardiniers, paysagistes – engagés dans la conception, la gestion et l’animation des espaces végétalisés urbains. Tous participent à la mise en œuvre des politiques publiques territoriales, en faisant du végétal et de la nature en ville un levier central d’aménagement, de transition écologique et de qualité de vie. Plus d’informations sur : Hortis



