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17ème ENQUÊTE de L'OBSERVATOIRE DES VILLES VERTES : Sols urbains - 93 % des villes sont conscientes de leur importance, mais seul 1/3 en fait une priorité

©2025 SecteurVert.com

Dans un contexte où les villes sont appelées à renforcer leur résilience face aux changements climatiques, l'Observatoire des Villes Vertes, a mené une enquête auprès des décideurs locaux sur la gestion des sols en ville. Véritable socle du vivant, le sol est à la fois support de végétation, régulateur naturel des eaux pluviales et réservoir de biodiversité. L’étude révèle un paradoxe marquant : si la quasi-totalité des villes reconnaît son importance, peu en font encore une priorité stratégique.

De la conscience à l'action : un fossé à combler

L'étude menée par l'Observatoire des villes vertes révèle un paradoxe marquant dans la gestion des sols urbains. 93 % des collectivités reconnaissent l’importance stratégique des sols dans leurs politiques urbaines.

Pourtant, seules 33 % en font une priorité pleinement intégrée à l’ensemble de leurs projets. Pour plus de la moitié des répondants, les sols sont certes un sujet important, mais restent relégués derrière d’autres urgences, illustrant le chemin qu'il reste à parcourir pour en faire un véritable pilier des stratégies de résilience.

Les priorités sont pourtant clairement identifiées : 80 % des villes mettent en avant la nécessité de garantir une bonne croissance des végétaux. Les enjeux liés à l'eau – infiltration (63 %), résistance au stress hydrique (50 %) – et la biodiversité (60 %) sont également reconnus comme fonctions majeures, témoignant d'une évolution dans la perception du sol comme écosystème vivant.

Sols urbains : le visible privilégié sur l'essentiel

L'écart entre conscience et action se manifeste particulièrement dans les pratiques : si le paillage (93 %), la végétalisation (93 %), et la désimperméabilisation (90 %) sont largement adoptés, les démarches plus techniques restent minoritaires.

Seuls 20 % des villes réalisent des diagnostics de sols ou des cartographies, 13 % suivent la biodiversité souterraine, et à peine un tiers limitent le travail mécanique du sol.

Ces chiffres révèlent un angle mort dans les politiques urbaines : celui de la vie invisible mais essentielle du sol.

Expertise et budget au cœur des enjeux

Le développement d’une stratégie ambitieuse se heurte par ailleurs à des obstacles majeurs. 46 % des collectivités évoquent des contraintes budgétaires tandis que 40 % pointent le manque d’expertise technique. La pression foncière, citée par 46 % des répondants, complique la création d'espaces de pleine terre. Plus révélateur encore : 83 % des villes ignorent l'existence de la plateforme QUBS d'observation de la biodiversité des sols, qui permet d’observer et d’évaluer la biodiversité des sols. 

« Le sol constitue aujourd’hui un élément structurant des projets de paysage et de plantation, par sa qualité biologique, sa perméabilité et l’ampleur des surfaces dédiées. Les collectivités doivent engager des diagnostics pédologiques et développer des compétences en ingénierie des sols. Ces leviers sont essentiels pour concevoir des espaces végétalisés durables en milieu urbain. » souligne Anne Marchand, co-présidente de l’Observatoire des villes vertes.

Des villes pionnières qui montrent la voie

Malgré ces obstacles, des villes innovent. À Reims, le programme « Reims Nature » vise à offrir un espace vert à moins de 300 mètres de chaque logement, tout en renaturant les anciennes friches du Port Colbert. Grenoble transforme d'anciennes routes en bosquets et expérimente des substrats alternatifs. À Royan, une mini-forêt a remplacé une ancienne décharge, tandis qu’à Montpellier, la désimperméabilisation des cours d’écoles et les jardins de pluie font partie des outils déployés pour favoriser la résilience urbaine.

Si les pratiques de base comme le paillage et la gestion extensive sont généralisées, les approches plus ambitieuses restent à développer : 46 % des villes seulement apportent régulièrement du compost, 20 % utilisent exclusivement des engrais naturels, et 33 % limitent le travail mécanique des sols.

Plus préoccupant : 6 % des collectivités n'ont aucune mesure spécifique pour la biodiversité des sols.  Un chiffre qui, bien que minoritaire, montre qu'il reste encore des territoires à accompagner dans cette transition vers une gestion plus durable des sols urbains.

« La préservation des sols urbains ne peut plus se contenter de mesures superficielles, elle doit devenir un pilier stratégique de la résilience de nos villes.  Sans un cadre réglementaire et financier véritable, couplé à un renforcement des expertises au sein des collectivités, nous ne pourrons pas relever le défi de la ville verte de demain. » conclut Laurent Bizot, co-président de l'Observatoire des villes vertes.

Méthodologie : Réponses récoltées auprès d’un panel de villes sollicitées entre le 24 avril et le 23 mai 2025. Sur cette période, 32 collectivités ont répondu à cette vague d’enquête de l’Observatoire des villes vertes.

Bon à savoir :

  • 93% des villes reconnaissent l'importance stratégique des sols urbains ;
  • 80% des villes placent la croissance des végétaux comme fonction prioritaire des sols ;
  • Les principaux freins à la préservation des sols urbains : contraintes budgétaires (46%), pression foncière (46%) et manque d'expertise technique (40%) ;
  • A peine 13% des communes suivent la biodiversité de leurs sols ;
  • Un quart des collectivités seulement réalise des diagnostics et cartographies de sols.

À propos de l’Observatoire des villes vertes

  • L’Observatoire des villes vertes a pour objectif de développer la réflexion sur les perspectives de la ville verte en France et de promouvoir le foisonnement d’initiatives végétales en milieu urbain.
  • Créé en 2014 par l’Unep - Les Entreprises du Paysage - et Hortis, organisation rassemblant les responsables d’espaces nature en ville, l’Observatoire des villes vertes propose des cartographies dynamiques qui recensent les projets remarquables en matière d’aménagement paysagers urbains, des focus sur les tendances de demain, ainsi qu’un « laboratoire » où se mêlent divers sondages et études sur le thème du végétal.

À propos de l’Union Nationale des Entreprises du Paysage :

  • L’Union nationale des entreprises du paysage (Unep) constitue « l’équipe de France » des jardiniers paysagistes. Créée en 1963, elle est la seule organisation professionnelle du paysage reconnue par les pouvoirs publics. Elle représente les quelque 34 000 entreprises du paysage, qui se consacrent à l’aménagement, à l’entretien et à l’animation d’espaces de nature – parcs, jardins, végétalisation du bâti, paysage d’intérieur, génie écologique, soins aux arbres, etc.
  • Avec 135 000 actifs, elle constitue la première force vive de la végétalisation et de la renaturation urbaine. Au plus près de ses milliers d’adhérents grâce à ses 13 Unions régionales, l’Unep défend les intérêts des entreprises du secteur du paysage et des jardins, élabore les normes sociales de la profession et pilote la création des règles professionnelles du métier.

À propos d’Hortis :

  • Hortis représente les responsables d’espaces nature en ville de toute la France. Ce réseau s’est développé depuis plus de 80 ans autour d’un double objectif : réunir des professionnels qui puissent échanger, capitaliser, s’entraider dans leurs diverses problématiques et participer aux nécessaires réflexions sur la place et le rôle du végétal en ville au sein de l’ensemble de la filière et des divers acteurs institutionnels et associatifs dont les travaux concourent à cette finalité.
  • Forte d’une expertise reconnue et attestée par de nombreuses productions (colloques, dossiers thématiques, participations rédactionnelles, interventions régulières dans des congrès, des salons...), Hortis est depuis plusieurs années un acteur incontournable dans le monde du paysage, de l’horticulture et de ce qu’il est convenu d’appeler la nature en ville.
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Dernière modification le mercredi, 29 octobre 2025 22:49

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