
« Le Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement), établissement public relevant du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, préconise l’utilisation d’outils les moins bruyants possibles, non motorisés et à défaut plutôt électriques que thermiques, pour les travaux d’entretien, en particulier des espaces verts, afin de favoriser des paysages sonores de qualité pour les êtres vivants.
L’électrique permet une réappropriation silencieuse de l’espace public tout en protégeant la santé des riverains comme des opérateurs.
Selon l’Enquête Sumer sur les expositions aux risques professionnels dans la fonction publique et le secteur privé en 2017, plus de 40 % des agents territoriaux étaient exposés à des nuisances sonores, dont 20 % à des niveaux de décibels supérieurs aux seuils réglementaires et, parmi ces derniers, près de 5 % plus de dix heures par semaine.
Un enjeu pour la santé des opérateurs
Travailler au quotidien avec des outils à moteur thermique, bruyants, peut altérer la santé, physique ou mentale. Une exposition régulière à des volumes sonores élevés peut être source d’acouphènes, de bourdonnements et réduire la qualité de l’audition.
Dans l’entretien des espaces verts, le dépassement des seuils réglementaires est si fréquent que le port d’équipements de protection auditifs individuels s’est répandu.
Le bruit peut engendrer de la gêne, de la fatigue cognitive, du stress, ainsi que des troubles cardiovasculaires et du sommeil. Au-delà de la santé, en empêchant de se concentrer, il nuit également à la qualité du travail et peut même être à l’origine d’accidents.
C’est pourquoi il est indispensable de penser aux agents d’entretien et de leur fournir des outils électriques, qui sont désormais tout aussi puissants que leurs équivalents thermiques.
D’ailleurs, ce genre d’équipement est un argument de recrutement auprès de la jeune génération, qui ne veut pas faire de compromis sur sa santé.

Un confort pour tous
Si le bruit est néfaste pour les agents chargés de l’entretien des espaces verts, il est tout autant désagréable pour le voisinage.
Etudier, se reposer, se concentrer, discuter, se faire entendre, devient difficile lorsque gronde un bruit d’engin thermique aux alentours.
Depuis janvier 2025, la commune de Mougins dans les Alpes Maritimes, expérimente l’aide à l’achat d’outils de jardinage électriques neufs, afin de réduire les nuisances sonores liées à l’entretien des espaces verts. Une belle initiative qui bénéficie à la fois aux voisins et aux propriétaires de jardin, qui gagnent en confort de travail.
En effet, moins lourds et provoquant moins de vibrations que les outils thermiques, les outils électriques sont plus confortables à utiliser, causant moins de fatigue et permettant plus d’agilité pour un travail de précision.
Il faudrait généraliser ce genre d’initiatives et les communes et collectivités devraient imposer l’utilisation d’outils électriques aux abords des hôpitaux, des crèches, des établissements scolaires, des bibliothèques, des hôtels et des lieux touristiques. Concernant ces derniers, l’environnement visuel des sites classés est réglementé, mais pas le niveau sonore, c’est dommage.

Une amplitude horaire pour les professionnels d’autant plus gênante
Preuve que l’entretien des espaces verts peut être gênant pour les riverains, des décrets communaux ou préfectoraux déterminent des plages horaires durant lesquelles cette activité est autorisée avec des outils bruyants en extérieur.
En revanche, parfois, les plages horaires accordées aux travaux d’origine professionnelle sont plus larges que le jardinage des particuliers. D’où la colère des riverains quand le voisin fait appel à une entreprise d’entretien des espaces verts qui commence à 7 ou 8 heures du matin et ne fait pas de pause déjeuner. Manger sur la terrasse devient tout suite moins agréable !
Les outils électriques, moins bruyants, diminuent largement la gêne occasionnée, et peuvent donc être utilisés à toute heure, selon les disponibilités de chacun, sans perturber les voisins.
Cette baisse du niveau sonore permet aux professionnels d’intervenir en horaires étendus, dans des zones sensibles, comme près des écoles, des hôpitaux, des crèches, des hôtels, des bibliothèques, des EHPAD, sans déranger.
Les entreprises ou les services municipaux d’entretien des espaces verts ont tout à gagner à s’équiper d’outils électriques pour pouvoir œuvrer tout en respectant la tranquillité de tous, avec des conditions de travail plus agréables et meilleures pour leur santé. »
Christophe WOJTYCZKA, Directeur du développement chez KRESS France
